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Un week-end à Bruxelles en décembre

Un week-end à Bruxelles en décembre

On a failli ne pas y aller. « Bruxelles en décembre ? Ce ne sera pas gris et glacial ? » Les deux, effectivement — et c’est quand même l’un de nos city breaks préférés.

Vendredi : lumières et vin chaud

Nous sommes arrivés vendredi soir directement dans Winter Wonders, le marché de Noël de la ville, et tous nos doutes ont fondu avec la première tasse de vin chaud. Les chalets s’étendent sur plus de deux kilomètres, de Sainte-Catherine à la Bourse, et l’entrée est entièrement gratuite (guide complet). Nous avons mangé tout le long — une gaufre de Liège par-ci, un cornet de frites par-là — bien emmitouflés dans le froid humide.

L’odeur, c’est ce dont je me souviens le plus clairement de ce premier soir : les châtaignes grillées, le vin chaud et quelque chose qui frissonnait, tout mélangé dans l’air froid. C’est un parfum spécifique de décembre en Europe du Nord, et Bruxelles le réussit particulièrement bien. Les chalets ne sont pas particulièrement recherchés — ils sont en bois, assez uniformes, bondés de touristes — mais l’atmosphère qu’ils créent sur ces deux kilomètres est véritablement festive, pas artificielle. On la ressent.

Le clou du spectacle, c’était la Grand-Place : un son et lumière gratuit projeté sur les maisons des corporations, les feuilles d’or scintillant en rythme avec la musique. On l’a regardé deux fois. La deuxième fois, on s’était mieux positionnés — vers le fond de la place, légèrement surélevés sur les pavés, avec une ligne de vue dégagée sur toute la façade. Se tenir dans le froid avec quelques centaines d’inconnus qui regardaient tous la même chose, tous avec la même douce joie sur le visage, était étonnamment émouvant. C’est l’un de ces moments qui donne tout son sens aux voyages en ville.

Samedi : Bruxelles dans sa version cosy

Décembre, c’est le moment où les plaisirs d’intérieur de Bruxelles révèlent tout leur éclat. On a commencé par un atelier chocolat (salle chaude, dégustation gratuite, que demander de plus — ateliers), puis on a trouvé refuge d’une averse au musée Magritte (guide).

Le Magritte a été un meilleur choix pour un après-midi pluvieux qu’on ne l’avait planifié. Sa marque de surréalisme belge mélancolique — chapeaux melons, objets impossibles, hommes en costume tombant d’un ciel gris — a quelque chose d’étrangement à sa place dans la Bruxelles de décembre. On a traîné dans les salles plus longtemps que prévu.

En fin d’après-midi, on avait trouvé notre rythme : marcher un peu, avoir froid, se réfugier dans un café bruxellois pour une bière Trappiste bien corsée, recommencer. À la Mort Subite avec une kriek, les vitres embuées contre la nuit — voilà le souvenir de Bruxelles que j’ai gardé (meilleurs bars à bières). Le nom du café signifie « mort subite », ce qui vous dit quelque chose sur l’humour bruxellois. C’est l’un des grands intérieurs de café de la ville : hauts plafonds, bois sombre, miroirs, cette lumière ambrée particulière d’un lieu qui sert de la bière depuis les années 1920. Un soir de décembre là-bas, les mains froides autour d’un verre, la ville sombre dehors — on a connu pire.

Dimanche : une fin en douceur

On avait prévu une excursion d’une journée, mais la météo en a décidé autrement, alors on a flâné dans les Galeries Royales (couvertes, au sec, remplies de chocolat) et acheté beaucoup trop de pralines à rapporter à la maison (souvenirs).

Les Galeries un dimanche matin de décembre, c’est l’une des façons les plus agréables de passer une heure dans n’importe quelle ville européenne. La plus ancienne galerie commerçante couverte d’Europe — toute verrière et ferronnerie ornementée — tient la pluie à distance pendant qu’on flâne entre chocolatiers et pâtisseries. On a pris un café, observé les passants, et on a finalement émergé dans la lumière grise avec un sac nettement plus lourd que prévu.

Le cas pratique pour décembre

Un point souvent sous-estimé : Bruxelles est une ville d’administration et d’affaires, ce qui signifie qu’elle fonctionne principalement grâce au trafic en semaine. Les gens qui remplissent les salles de conférences et les réunions de l’UE du lundi au vendredi rentrent chez eux le week-end, et l’hôtellerie s’adapte en conséquence. Les tarifs du week-end en décembre — un mois avant l’affluence des marchés de Noël et après la haute saison estivale — peuvent être nettement inférieurs à ceux de juillet. C’est de l’argent réel. Un hôtel qu’on paierait en haute saison peut être disponible à un tarif considérablement inférieur un week-end de décembre, et l’économie compense une bonne partie des chocolats chauds et pralines qu’on accumule inévitablement.

L’autre argument de décembre : les chocolateries sont à leur meilleur. Les chocolatiers belges prennent leurs confections saisonnières au sérieux, et les éditions de Noël — les pralines en forme de, les bonbons fourrés aux saveurs hivernales — sont souvent les meilleures de l’année. On mange du chocolat dans la ville qui le fait probablement mieux que partout ailleurs au monde, pendant la saison où les chocolatiers sont le plus inspirés. On a connu pire pour un week-end de décembre.

Retournerions-nous en hiver ?

Honnêtement, oui. Le ciel gris n’avait presque aucune importance — la ville est faite pour le froid, tout chocolat, bière, musées et lumières. Et en tant que ville d’affaires, l’hôtel était bon marché le week-end. Ce dernier point mérite d’être répété : parce que Bruxelles vit et meurt du déplacement d’affaires en semaine, les tarifs de week-end en décembre sont nettement inférieurs à la norme de la haute saison estivale. On obtient un meilleur hôtel pour le même prix qu’en juillet, ce qui compense le coût de toutes les boissons chaudes et pralines qu’on accumule inévitablement.

L’objection classique à un séjour hivernal à Bruxelles, c’est la météo, et oui, c’est humide et froid et les jours sont courts. Mais les meilleurs plaisirs de la ville — chocolat, bière, Magritte, les Galeries, le marché de Noël — sont soit en intérieur, soit franchement améliorés par l’air froid. On ne va pas s’allonger sur l’herbe au Cinquantenaire. On va être dans un café chaud avec un Trappiste. C’est le principe.

Une note spécifique pour les visiteurs de décembre : les musées autour du Mont des Arts proposent certains de leurs meilleurs programmes en hiver. Les Musées Royaux des Beaux-Arts, le Magritte, le MIM — tous plus calmes qu’en été, parfois avec des horaires prolongés pour des expositions spéciales. Le centre culturel Bozar à proximité tend vers sa programmation la plus ambitieuse en automne-hiver : concerts, expositions, événements. Si la culture est une partie importante de votre intérêt pour Bruxelles, décembre et novembre sont en réalité parmi les meilleurs mois pour la poursuivre.

Si vous hésitez sur la période pour visiter, ne rayez pas décembre de votre liste (meilleure période pour visiter). Prévoyez juste un manteau chaud, embrassez l’atmosphère cosy et laissez le son et lumière de la Grand-Place faire le reste. Plus d’idées hivernales dans notre guide Bruxelles en hiver.