Quartier Européen : Bruxelles hors des sentiers touristiques
Le quartier de l'UE va bien au-delà des immeubles de bureaux : guide pédestre du Parlamentarium, du Cinquantenaire et des institutions européennes.
Brussels: Brussels Private Tour of the European Quarter
En bref
- Depuis Bruxelles-Centrale
- 15 min à pied vers l'est, ou métro jusqu'à Arts-Loi (lignes 1/5)
- À voir
- Institutions de l'UE, Parlamentarium, Parc du Cinquantenaire, architecture
- Monnaie
- Euro (€)
- Entrée Parlamentarium
- Gratuit (réservation en ligne)
- Maison de l'Histoire européenne
- Gratuit (réservation en ligne)
Le quartier européen que la plupart des visiteurs ignorent
Le Quartier Européen (Quartier Européen / Europese Wijk) occupe environ trois kilomètres carrés à l’est du centre historique, délimité par la rue de la Loi au nord, le Parc du Cinquantenaire à l’est et la rue Belliard au sud. Il abrite le siège du Parlement européen, la Commission européenne, le Conseil de l’UE et quelque 170 autres institutions et organisations de lobbying de l’Union.
La majorité des voyageurs en city-break l’ignorent totalement. C’est en partie compréhensible — il est moins immédiatement photogénique que la Grand-Place — mais cela revient à passer à côté du Parlamentarium (l’une des meilleures attractions gratuites de Bruxelles), du grand décor urbain du XIXe siècle que forment le parc et les Arcades du Cinquantenaire, et du plaisir singulier de déambuler dans un quartier où la monnaie d’échange sociale est la politique institutionnelle, non le tourisme.
Un mot d’honnêteté : si les institutions européennes vous laissent froid et que vous n’avez aucun intérêt professionnel ou académique pour les affaires de l’UE, le quartier de la Grand-Place et le Sablon-Marolles sauront mieux employer votre demi-journée. Ce guide dit clairement à qui le Quartier Européen s’adresse.
Le Parlamentarium
Adresse : rue Wiertz 60, 1047 Bruxelles. Ouvert mardi–vendredi 09h00–17h00, week-ends 10h00–18h00. Gratuit. Réservez en ligne — les créneaux se remplissent vite.
Le Parlamentarium est le centre de visite du Parlement européen, et il est nettement meilleur que ses origines institutionnelles pourraient le laisser supposer. L’exposition occupe 3 500 mètres carrés et s’appuie sur des installations multimédia, des artefacts historiques et un système d’audioguide dans les 24 langues officielles de l’UE pour expliquer le fonctionnement du Parlement, ses origines historiques et ses liens avec la vie quotidienne.
Le dispositif de guidage vous accompagne automatiquement à travers l’exposition sans que vous ayez à mémoriser des numéros de stops — un détail technique qui rend l’expérience sensiblement plus fluide. Comptez 1 h 30 à 2 heures.
Ce que le Parlamentarium réussit bien : les sections historiques sur l’intégration européenne d’après-guerre sont réellement instructives, même si vous en connaissez les grandes lignes. La partie sur le processus législatif européen est plus compréhensible que la plupart des communications officielles.
Ce qu’il ne couvre pas : la controverse. Le Parlamentarium est un centre de visite du Parlement, non un musée indépendant, et il présente les institutions de l’UE sous un jour favorable. Pour une perspective plus critique, la Maison de l’Histoire européenne (voir ci-dessous) est intellectuellement plus honnête.
La Maison de l’Histoire européenne
Adresse : rue Belliard 135 (Bâtiment Eastman, Parc Léopold). Ouverte mardi–vendredi 09h00–17h00, week-ends 10h00–18h00. Gratuit. Réservez en ligne.
La Maison de l’Histoire européenne a ouvert en 2017 dans une ancienne clinique dentaire des années 1930. L’exposition permanente couvre l’histoire de l’Europe du XVIIIe siècle à nos jours, en insistant particulièrement sur le XXe siècle : les deux guerres mondiales, la Shoah, le communisme, la décolonisation et la construction des institutions européennes.
C’est le plus exigeant des deux musées liés à l’UE, et le plus riche. Les commissaires n’ont pas esquivé les épisodes sombres, et la section sur le colonialisme européen et ses liens avec l’intégration européenne ultérieure est d’une franchise notable pour un musée financé par des fonds publics.
Combiné au Parlamentarium, cela compose une demi-journée bien remplie. Vous ne déboursez rien, si ce n’est la réservation préalable d’un créneau.
Le Parc du Cinquantenaire
Le Parc du Cinquantenaire a été créé pour l’Exposition nationale du 50e anniversaire de la Belgique, en 1880. L’arc de triomphe en son centre — les Arcades du Cinquantenaire — a été achevé en 1905, le retard étant dû à des litiges de financement. Il culmine à 45 mètres de hauteur, flanqué de quadriges, et offre une perspective majestueuse sur l’avenue centrale.
Le parc est un espace vert public bien vivant, fréquenté à l’heure du déjeuner par les fonctionnaires européens et le week-end par les habitants d’Etterbeek. Ce n’est pas une attraction touristique au sens classique du terme, mais c’est un endroit vraiment agréable à parcourir, notamment au printemps lorsque les marronniers sont en fleurs.
Les Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH) occupent une partie du complexe — l’un des plus grands musées de Belgique, avec des collections d’archéologie, d’arts décoratifs et de cultures non européennes d’une ampleur considérable. L’entrée est à 15 €. Il est moins visité que les Musées royaux des Beaux-Arts et la qualité est inégale, mais la collection de tapisseries flamandes et la galerie gallo-romaine sont toutes deux remarquables.
Autoworld (même complexe, 18 €) : une grande collection de voitures historiques dans une splendide halle en fer et verre. Les passionnés l’apprécieront ; les autres peuvent passer leur chemin.
L’architecture du pouvoir européen
Le Quartier Européen s’est développé rapidement dans les années 1960 et 1970, et une grande partie de son architecture de bureaux, construite à la hâte, est visuellement médiocre — fruit de la « bruxellisation », ce phénomène par lequel la ville a démoli une grande partie de son tissu historique pour créer des infrastructures administratives. Le corridor de la rue de la Loi est particulièrement ingrat en matière d’urbanisme.
Trois bâtiments méritent qu’on s’y attarde :
Le Berlaymont (rue de la Loi 200) : le siège de la Commission européenne, en forme de croix, habillé de verre réfléchissant, achevé en 1967. Il a été évacué de 1991 à 2004 pour désamiantage. Le bâtiment n’est pas ouvert au public, mais sa silhouette domine le panorama du quartier.
Le bâtiment Europa (rue de la Loi 175) : le nouveau siège du Conseil de l’UE, inauguré en 2017. Sa façade est composée de cadres de fenêtres récupérés dans les 28 États membres de l’UE, délibérément mélangés. Que vous trouviez cela émouvant ou artificiel est une affaire de sensibilité.
Le bâtiment Paul-Henri Spaak (complexe du Parlement européen, rue Wiertz) : l’hémicycle principal du Parlement, visible depuis la rue Wiertz. Lorsque le Parlement siège à Bruxelles (les séances alternent entre Strasbourg et Bruxelles), il est possible de demander un billet pour la tribune du public sur le site du Parlement — une expérience qui vaut vraiment le coup si vous êtes à Bruxelles lors d’une journée plénière.
Visites guidées du quartier
Une visite privée guidée du Quartier Européen parcourt le paysage institutionnel, l’architecture et la politique en un circuit de deux à trois heures avec un guide capable de répondre à vos questions. C’est bien plus intéressant que de se promener seul si l’on veut comprendre ce que l’on a sous les yeux.
Une visite privée combinée couvrant à la fois le Quartier Européen et la Grand-Place est idéale pour les visiteurs qui souhaitent découvrir les deux quartiers en une seule journée avec un fil conducteur — le guide peut expliquer comment la capitale administrative européenne et la vieille ville touristique s’articulent l’une à l’autre, spatialement et historiquement.
Informations pratiques
Comment s’y rendre : le métro Arts-Loi (lignes 1/5) est le nœud central du quartier. Depuis la Gare Centrale, c’est un arrêt vers l’est. Depuis le quartier de la Grand-Place, marchez vers l’est par la rue de la Loi (environ 15 minutes) ou prenez le bus 22 ou 27.
Quand y aller : en semaine, les institutions fonctionnent et la culture de la cafétéria des fonctionnaires européens bat son plein. Le week-end est plus calme ; le Parlamentarium et la Maison de l’Histoire européenne sont ouverts, et le Parc du Cinquantenaire est animé par les familles et les cyclistes.
Se restaurer : le quartier dispose d’un écosystème de restaurants fonctionnel qui s’adresse aux fonctionnaires européens plutôt qu’aux touristes. Les prix sont raisonnables (12–18 € pour un plat du midi), et les établissements autour du Rond-Point Schuman et de la rue Archimède offrent généralement un bon rapport qualité-prix.
Pour les visiteurs professionnels : si vous êtes à Bruxelles pour des raisons liées à l’UE, notre guide pour les voyageurs d’affaires à Bruxelles couvre en détail le calendrier institutionnel, les meilleurs endroits pour des réunions informelles et la logistique du quartier.
Le Quartier Européen n’est pas le plus beau quartier de Bruxelles. Mais c’est le plus singulier — nulle part ailleurs dans le monde on ne trouve pareille concentration d’institutions démocratiques, et pour le visiteur curieux, il mérite bien mieux qu’un second tour de la Grand-Place.
Meilleures expériences
Activités réservables avec prix vérifiés et confirmation immédiate sur GetYourGuide.