Excursion à Malines depuis Bruxelles : la ville méconnue entre deux
Mechelen: Mechelen Guided Walking Tour
Malines vaut-elle le détour depuis Bruxelles ?
Oui, pour une demi-journée hors des sentiers battus. Malines est à ~20 minutes en train, avec la magnifique tour Saint-Rombaut que l'on peut gravir, un centre historique superbement restauré, l'émouvant mémorial de la Shoah Kazerne Dossin, et le Musée du Jouet pour les familles — le tout sans foule touristique.
La ville que tout le monde traverse sans s’arrêter
Les trains entre Bruxelles et Anvers passent constamment par Malines, et presque tout le monde reste à bord. C’est une erreur silencieuse. Malines (Mechelen en néerlandais) fut jadis la capitale des Pays-Bas sous Charles Quint — le cœur politique et administratif des Pays-Bas habsbourgeois — et elle a gardé l’architecture pour en témoigner : une tour de cathédrale qui domine la skyline, une enfilade d’églises gothiques et baroques, de belles maisons de corporations le long de la Dyle, un centre superbement restauré. Sans garder les foules pour autant. C’est le choix idéal quand on veut de la vraie histoire flamande sans les cars de touristes. Consultez notre guide de la destination Malines pour en savoir plus ; voici le plan de la journée.
Comment y aller
Bruxelles → Malines, c’est ~20 à 25 minutes en train IC direct, plusieurs par heure, pour environ 5 à 6 € l’aller. Le centre est à 10 minutes à pied de la gare. Comme Malines est sur la ligne d’Anvers, vous pouvez aisément combiner les deux villes, ou l’associer à Louvain pour une visite guidée deux villes — les deux cités offrent des contrastes admirablement complémentaires.
Le programme demi-journée
- 10h30 — Train depuis Bruxelles ; promenade jusqu’au centre-ville.
- 11h00 — Cathédrale et tour Saint-Rombaut. Gravissez les 538 marches jusqu’à la passerelle à 97 mètres pour un panorama qui, par temps clair, atteint Anvers et même l’Atomium de Bruxelles. La tour — techniquement un chantier inachevé, abandonné après les deux premiers niveaux faute de fonds — est le symbole de Malines et l’une des plus belles ascensions de Belgique. Le carillon de 49 cloches est considéré parmi les plus beaux du monde ; des concerts y sont donnés régulièrement.
- 12h00 — La Grote Markt et les façades baroques et gothiques qui l’entourent ; une visite guidée à pied donne vie à l’histoire de cette « ancienne capitale » et relie les monuments qu’une balade en solitaire risque de manquer.
- 12h45 — Déjeuner sur la place du marché ou au bord de la Dyle, dont les quais tranquilles et les petits ponts sont vraiment charmants, bordés de brasseries et cafés pour les locaux.
- 14h00 — Kazerne Dossin — un mémorial et musée puissant, superbement conçu, consacré à la déportation des Juifs et des Roms belges depuis ce camp de rassemblement pendant la Seconde Guerre mondiale. Le design sobre et contemporain contraste délibérément avec l’environnement de la vieille ville. Saisissant, essentiel et remarquablement réalisé ; comptez au moins une heure.
- 15h30 — Pour se détendre : le Musée du Jouet (Speelgoedmuseum) est l’un des meilleurs d’Europe pour les familles, avec une collection extraordinaire couvrant plusieurs siècles. Ou, pour les adultes, la Schipperskapel et les promenades au bord de la Dyle.
- 16h30 — Café et un Maneblusser (la bière locale, dont le nom évoque la légende de habitants tentant d’«éteindre» la lune brillant derrière la tour — encore un cadeau belge en matière de mythologie autodérisoire) avant le train du retour.
Pourquoi Malines vaut le détour
- Une icône à escalader. La passerelle panoramique de la tour offre l’un des meilleurs points de vue urbains de Flandre, et elle est rarement bondée — vous pourrez y être presque seul en semaine.
- Une profondeur historique rare. Peu de petites villes concentrent l’architecture d’une ancienne capitale et un grand mémorial de la Seconde Guerre mondiale en une seule demi-journée.
- Adapté aux familles. Le Musée du Jouet et le centre plat et facile à parcourir en font une belle journée avec des enfants, le mémorial étant réservé aux plus grands.
- Sans foule. Vous aurez souvent les églises et les points de vue presque pour vous seul — une rareté sur le circuit touristique belge.
- La rivière. Les quais de la Dyle sont l’un des tronçons de voie d’eau urbaine les plus charmants de Flandre, et un endroit agréable pour se promener ou prendre une bière en fin de journée.
Le passé impérial oublié de Malines
L’une des choses les plus fascinantes avec Malines, c’est à quel point elle a été oubliée comme centre politique. Entre 1480 et 1530 environ, elle était la capitale des Pays-Bas sous la tutelle habsbourgeoise de Marguerite d’Autriche — le siège du gouvernement de l’un des territoires alors les plus riches et les plus puissants d’Europe. La cour de Malines attirait artistes, savants et musiciens de tout le continent ; Érasme y correspondait ; l’école polyphonique flamande centrée sur la chapelle de la cour était la plus sophistiquée d’Europe. Puis la capitale se déplaça vers Bruxelles, Anvers l’éclipsa comme ville commerçante, et Malines devint peu à peu une agréable ville flamande de taille moyenne dotée d’une cathédrale exceptionnelle.
L’architecture est le résidu de ce bref siècle d’or. En parcourant la Grote Markt et les rues alentour, on distingue les palais qui abritaient jadis la cour des Habsbourg — le Palais de Marguerite d’Autriche (aujourd’hui le Palais de Justice, Keizerstraat), avec son aile gothique et sa cour Renaissance, étant le plus somptueux. La cathédrale elle-même, construite sur deux siècles, reflète l’ambition d’une ville qui se croyait destinée à être une capitale permanente.
Le Kazerne Dossin en contexte
Le mémorial Kazerne Dossin occupe ce qui fut la Sammelstelle SS — le camp de rassemblement où les Juifs et les Roms belges étaient enregistrés et détenus avant leur déportation vers Auschwitz et d’autres camps entre 1942 et 1944. Plus de 25 000 personnes passèrent par Malines ; la grande majorité ne revint pas. La conception du musée — sobre, contemporaine, délibérément en retrait face aux briques flamandes chaleureuses qui l’entourent — rend la rencontre plus émouvante encore. Comptez au moins une heure ; il en faut autant pour que l’ampleur du drame s’impose pleinement.
Le choix de Malines comme camp de transit n’était pas accidentel : la position ferroviaire centrale de la ville, à mi-chemin entre Bruxelles, Gand, Anvers et Liège, la rendait logistiquement commode pour les déportations. Cette même géographie ferroviaire permet aujourd’hui aux visiteurs de venir de Bruxelles en 20 minutes — un fait que le musée utilise pour contextualiser la géographie de la complicité et de la collaboration.
Ça vaut le coup ?
Malines est l’excursion des connaisseurs — moins spectaculaire au premier abord que Bruges, mais riche, variée et agréablement préservée du tourisme de masse, avec un rapport effort/récompense imbattable pour une ville à 20 minutes de Bruxelles. La combinaison de la grandeur gothique, d’une tour à escalader, d’un mémorial bouleversant et d’une vraie culture de café flamand en une seule demi-journée est difficile à égaler. Associez-la à Louvain ou à Anvers, et voyez où elle se classe dans notre guide des meilleures excursions.
Questions fréquentes — Excursion à Malines depuis Bruxelles : la ville méconnue entre deux
Combien de temps dure le train de Bruxelles à Malines ?
Environ 20 à 25 minutes en train IC direct, avec plusieurs départs par heure, pour environ 5 à 6 € l'aller simple. Malines est sur la ligne principale Bruxelles–Anvers, ce qui permet facilement de combiner les deux villes.Quelle est la réputation de Malines ?
Sa tour Saint-Rombaut de 97 mètres avec un carillon de renommée mondiale (538 marches jusqu'à la passerelle panoramique), son rôle de capitale du carillon en Flandre, et le sobre mémorial Kazerne Dossin dédié à la déportation des Juifs et des Roms belges durant la Seconde Guerre mondiale.
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