Pourquoi nous sommes retournés à Bruxelles (après avoir failli y renoncer)
La première fois que nous sommes allés à Bruxelles, nous avons failli ne jamais y retourner. La deuxième fois, elle est devenue l’une de nos villes préférées en Europe. Voici l’histoire de ce qui a changé — et c’est avant tout une histoire sur la façon dont nous voyagions, pas sur la ville.
| Première visite | Quelques heures précipitées, Grand-Place et Manneken-Pis seulement |
| Deuxième visite | Un week-end complet (environ 2-3 jours) — suffisant pour Saint-Gilles, les fresques de bande dessinée, Cantillon et Sainte-Catherine |
| Coût de l’erreur | Un déjeuner surévalué, et avoir failli rayer une ville que nous aimons désormais |
| Minimum pour bien faire | Au moins 2 jours complets — voir notre analyse 2 ou 3 jours |
Ce premier séjour raté
Notre premier voyage se résumait à quelques heures de transit. Nous avons photographié la Grand-Place (magnifique), regardé le Manneken-Pis en fronçant les sourcils (minuscule, déconcertant), mangé un déjeuner hors de prix dans une rue touristique à proximité (notre erreur — le piège), trouvé le quartier de la gare du Midi sinistre, puis reparti en pensant : « Jolie place, le reste est quelconque. On ne comprend pas l’engouement. »
Nous avions tout fait de travers, et jugé la ville sur cette base.
Le problème structurel d’une visite de quelques heures à Bruxelles, c’est que le centre touristique — la Grand-Place, le Manneken-Pis, l’Îlot Sacré immédiat autour d’eux — est une zone genuinement petite, et c’est aussi la zone de la ville la plus calibrée pour les gens qui n’ont que quelques heures.
Les restaurants y sont hors de prix, les boutiques de chocolat s’adressent aux touristes, et le Manneken-Pis est, oui, une petite statuette en bronze d’un garçonnet qui urine, qui mérite environ quatre-vingt-dix secondes de contemplation avant d’avoir épuisé tout ce qu’elle offre. Le quartier près de la gare du Midi que nous avons trouvé sinistre est effectivement sinistre — c’est un hub de transport entouré de commerces de gros, pas un quartier de vie. Nous avions vu le pire de Bruxelles, et rien d’autre.
Ce qui nous a fait revenir
Une amie qui y avait vécu ne l’a pas accepté. « Vous n’avez rien vu », a-t-elle dit, avant d’énumérer une liste — l’Art Nouveau, les fresques de BD, les brasseries de lambic, la table à Sainte-Catherine et dans le Dansaert. Alors, un peu à contrecœur, nous lui avons accordé un vrai week-end.
L’invitation était précise, ce qui a aidé. Un vague « Bruxelles c’est bien, reviens-y » ne nous aurait pas convaincus. Ce qui nous a convaincus, c’est une liste : le musée Horta — la maison de l’architecte Art Nouveau dans Saint-Gilles, préservée jusqu’aux poignées de porte. La piste des fresques de BD dans la ville basse. Cantillon pour la gueuze. Sainte-Catherine pour les moules. Dansaert pour la scène contemporaine food et vins. Ce n’étaient pas des promesses abstraites ; c’étaient des destinations avec des adresses, et c’était précisément des choses qui nous intéressaient vraiment.
La ville que nous avions complètement ratée
C’était comme découvrir un endroit entièrement nouveau. Nous avons parcouru les rues Art Nouveau de Saint-Gilles, bouche bée devant le musée Horta. Nous avons transformé une matinée en chasse aux fresques de BD. Nous avons bu une gueuze acidulée dans une brasserie à peine changée depuis 1900. Nous avons très bien mangé, une rue derrière l’endroit où on nous avait arnaqués la première fois (meilleurs quartiers).
Le musée Horta en particulier a été une révélation. Victor Horta a conçu la maison pour lui-même entre 1898 et 1901, et c’est un univers intérieur complet — escalier avec colonnes en fer apparentes, verrières baignant la maison d’une lumière diffuse, chaque élément conçu sur mesure jusqu’aux interrupteurs. C’est l’une des expériences architecturales les plus complètes et les plus personnelles que j’aie jamais eues, et elle se trouve dans une rue résidentielle tranquille de Saint-Gilles que nous n’aurions jamais trouvée sans qu’on nous l’indique. Bruxelles a cette habitude : la chose extraordinaire nichée dans le quartier ordinaire, sans se faire remarquer.
Les fresques de BD ont été l’autre révélation. Nous connaissions Tintin, bien sûr, mais nous n’avions pas compris que la Belgique a une culture de la bande dessinée profonde et sérieuse — le neuvième art, comme on l’appelle — et que Bruxelles compte plus de cinquante grandes fresques murales éparpillées dans la ville basse en guise de célébration. Suivre le parcours, c’est une façon différente de visiter la ville : on suit sa curiosité plutôt qu’un itinéraire prescrit, et les fresques vous conduisent à travers des parties de la ville que l’on ne visiterait pas autrement. À la fin de la matinée, nous avions parcouru la moitié de la ville basse et tout vu différemment.
Rien de tout cela n’est vraiment caché — c’est juste à dix minutes à pied des arrêts de cars touristiques, et il faut y consacrer un jour ou deux (surestimée/sous-estimée).
Ce que nous dirions à nos moi du premier voyage
Si nous refaisions ce premier voyage, avec ce que nous savons maintenant, nous ferions trois choses différemment. D’abord, nous ne mangerions jamais dans les rues immédiatement autour de la Grand-Place ou du Manneken-Pis — elles sont tarifées pour des gens qui ne reviendront pas, et la qualité de la nourriture le reflète (comment éviter le piège).
Ensuite, nous donnerions à la ville au minimum une journée complète, pas quelques heures entre deux trains — Bruxelles ne se révèle vraiment pas lors d’une visite éclair, et la juger sur cette base est la principale raison pour laquelle les gens la rayent de leur liste. Enfin, nous aurions regardé au-delà des sites de carte postale vers au moins un quartier — Saint-Gilles, Dansaert, les Marolles — parce que c’est là que la ville se passe vraiment (quartiers sous-estimés).
C’est un schéma que nous avons depuis retrouvé dans d’autres villes qui ne se donnent pas en spectacle pour les touristes — il faut apporter un peu de sa propre curiosité, car la ville ne vous tendra pas sa bonne version dès l’arrivée.
Si c’est l’histoire qui vous fait aimer une ville, une visite à pied du centre historique avec un guide local donne à la Grand-Place et à ses environs un contexte qu’un simple arrêt photo ne vous offrira jamais. Et si le chocolat est votre passion, une visite du musée du chocolat est un meilleur usage d’une heure que n’importe quelle boutique autour de la place ; notre verdict sur le Choco-Story vous dit s’il mérite une place dans votre programme.
La météo compte aussi. Une journée grise n’est pas une raison de bouder la ville, et l’itinéraire pour jour de pluie montre à quel point Bruxelles se vit à l’intérieur. Si vous n’avez qu’un week-end, l’itinéraire d’un week-end est ce qui se rapproche le plus du programme que nous avons suivi lors de notre deuxième visite, et le guide de la Grand-Place mérite d’être lu avant de vous retrouver sur la place.
Questions fréquentes sur Pourquoi nous sommes retournés à Bruxelles (après avoir failli y renoncer)
Bruxelles vaut-elle le détour si on n’a que quelques heures ? Honnêtement, pas vraiment — quelques heures vous donnent la Grand-Place et le Manneken-Pis et pas grand-chose d’autre, et c’est la version de la ville la plus susceptible de décevoir. Si vous êtes de passage, notre guide Bruxelles vaut-elle le détour offre un avis plus détaillé sur ce qu’un court arrêt montre et ne montre pas.
Quelle est la seule chose que vous diriez à quelqu’un sur le point de refaire notre première erreur ? Accordez-lui une journée complète avant de juger, et prenez au moins un repas hors du rayon immédiat de la Grand-Place/Manneken-Pis. Les deux sont une assurance bon marché contre le fait de rayer une ville qui avait juste besoin d’un peu plus de temps.
La leçon
Bruxelles ne se met pas en scène pour vous. Elle ne vous charmera pas en une après-midi comme le fait Bruges. Elle récompense les curieux et déçoit les passifs — jugez-la à la hâte et elle déçoit ; donnez-lui du temps et elle devient discrètement une favorite (Bruxelles, ça vaut le coup ?).
C’est une véritable caractéristique de la ville, pas une défense de circonstance. Bruxelles n’essaie pas de se vendre à vous. La Grand-Place est magnifique, mais la ville n’est pas organisée autour de la Grand-Place comme le serait une ville purement touristique. Les quartiers intéressants — Saint-Gilles, Ixelles, Dansaert, les Marolles — sont de véritables quartiers résidentiels avec leur propre vie, qui se trouvent être aussi intéressants pour les visiteurs, plutôt que des quartiers touristiques qui simulent la vie locale. Cette authenticité demande un certain effort pour y accéder, mais elle se traduit par la satisfaction particulière de sentir qu’on a trouvé un endroit plutôt qu’on y a été déposé.
Nous y sommes retournés plusieurs fois depuis. Le ciel gris, le centre discret, le sens de l’humour légèrement surréaliste — nous adorons tout ça maintenant. Mais nous aurions facilement passé à côté, sur la foi d’un mauvais déjeuner et de trois heures passées en coup de vent.
Ce que la deuxième visite vous apprend sur les premières visites
Il y a une leçon de voyage générale dans notre expérience bruxelloise qui mérite d’être formulée. Les premières impressions des villes sont souvent peu fiables, et elles le sont encore plus dans les villes qui ne jouent pas le jeu pour les touristes. Amsterdam joue le jeu — canaux, vélos, maisons à pignons, charme immédiat. Rome joue le jeu — on sort du terminal, on est déjà dans l’Antiquité. Bruges joue le jeu, et même de façon agressive. Bruxelles ne joue pas le jeu. Elle vaque à ses occupations en néerlandais, en français et en une douzaine d’autres langues, et attend de vous que vous fassiez l’effort d’aller à sa rencontre plutôt que l’inverse.
Les villes qui ne jouent pas le jeu sont presque toujours celles qui récompensent le mieux les visites répétées. On peut revenir à Bruges dix fois et avoir essentiellement la même expérience, parce que l’expérience est livrée — on vous la remet sur un plateau. Bruxelles ne vous donne rien à la première visite. À la deuxième, on commence à prendre ce qui est là, qui est considérablement plus. À la troisième, elle devient un endroit qu’on aime de cette façon particulière et accumulée qui met du temps à se construire.
Nous y sommes retournés plusieurs fois depuis. Le ciel gris, le centre discret, le sens de l’humour légèrement surréaliste — nous adorons tout ça maintenant. Mais nous aurions facilement passé à côté, sur la foi d’un mauvais déjeuner et de trois heures passées en coup de vent.
Alors si votre première impression de Bruxelles était « bof » — revenez, et marchez dix minutes de plus. C’est là que commence la ville que nous aimons.
Comment nous organiserions la prochaine visite
Si vous y retournez pour une seconde tentative, le mieux que vous puissiez faire est de remplacer la liste de sites à voir par un petit nombre de thèmes. Choisissez-en un ou deux qui correspondent à ce que vous aimez et laissez le reste de côté. Pour nous, les thèmes étaient l’architecture, la bande dessinée et le bien-boire, et chacun a son propre guide sur le site : l’itinéraire à pied sur l’Art nouveau et les maisons de Victor Horta pour les bâtiments, la carte des fresques de BD et le parcours BD pour les murs, et le guide de Cantillon pour la gueuze.
Si vous préférez ne pas vous repérer seul, un guide local est un bon moyen de dépasser le centre carte postale. Réserver une visite guidée privée à pied des incontournables et des trésors cachés est le genre de chose qui aurait sauvé notre première visite, car elle vous mène dans les rues que les autocars de touristes ignorent. Quelle que soit la formule, le but est le même : voir la ville à pied, avec quelqu’un ou quelque chose qui vous explique pourquoi cela compte.
La cuisine mérite son propre plan. Nous avons bien mangé lors du second voyage parce que nous avons cessé de choisir les restaurants selon leur proximité avec les sites. La liste des meilleurs restaurants de Bruxelles et le guide des moules-frites sont un meilleur point de départ que n’importe quelle carte affichée sur un chevalet près de la Grand-Place, et la page sur les pièges à touristes des gaufres et des frites explique à quoi faire attention.