Bruxelles sous la pluie : comment on a sauvé une journée perdue
Il a plu. Pas une averse passagère — une vraie pluie belge, grise et tenace, qui a duré toute la journée. On avait prévu une excursion à Bruges et on y a renoncé dès le petit-déjeuner. Ce fut pourtant la meilleure journée du séjour.
Le truc avec Bruxelles, c’est que ses plaisirs emblématiques sont presque tous à l’abri. Chocolat, bière, musées de rang mondial, galerie couverte du XIXe siècle. La ville est, presque suspecterment, faite pour la pluie.
| Où | Le pôle muséal du Mont des Arts + les Galeries Royales Saint-Hubert, tous deux dans le centre |
| Coût | Gratuit pour s’abriter et parcourir la galerie ; les billets de musée varient, prévoyez une entrée payante |
| Temps nécessaire | Une journée entière, facilement |
| S’y rendre | Tout ce qui suit se fait à pied depuis la Grand-Place |
| Meilleur plan B pour une excursion annulée | Remplacez Bruges ou Gand par l’itinéraire ci-dessous — aucun train nécessaire |
Options pour jours de pluie classées selon leur degré de « sec »
| Activité | Degré de « sec » | Durée approximative |
|---|---|---|
| Musées du Mont des Arts (Magritte, Beaux-Arts, MIM) | Entièrement en intérieur, passage couvert entre eux | Une demi-journée à une journée entière |
| Galeries Royales Saint-Hubert | Galerie entièrement couverte | 30-60 minutes |
| Atelier de chocolat | Entièrement en intérieur | 1h30-2 heures |
| Café brun / bar à bières | Entièrement en intérieur | Aussi longtemps que vous voulez |
| Parcours des fresques de bande dessinée | En extérieur, parapluie nécessaire | 2-3 heures |
Ce qu’on a vraiment fait
Matin — chocolat. On a commencé par un atelier chocolat, exactement là où l’on veut être quand il tombe des cordes dehors : une salle chaude, un chocolatier, et bien trop de dégustation (ateliers chocolat). On est repartis avec une boîte de pralines et zéro regret.
L’atelier chocolat est vraiment une excellente idée par temps de pluie. La plupart durent quelques heures, comportent une vraie initiation au tempérage et au moulage, et — surtout — on mange le résultat à la fin. Les meilleurs sont animés par de vrais chocolatiers plutôt que des opérations purement touristiques, et la différence de qualité et de profondeur des explications est considérable. Quand on a émergé, pralines en boîte et tabliers rendus, la pluie n’avait pas faibli d’un iota et on s’en fichait complètement.
Fin de matinée — la galerie. On s’est réfugiés dans les Galeries Royales Saint-Hubert, la plus ancienne galerie marchande couverte d’Europe — toit en verre, élégante, au sec, et bordée de chocolateries. On peut la parcourir d’un bout à l’autre sans prendre une goutte.
Les Galeries méritent mieux que « on s’y est réfugiés ». Construites en 1847, c’est une arcade entièrement couverte de style néoclassique — trois galeries communicantes sous une voûte en berceau de verre — et l’un des plus beaux espaces commerciaux du XIXe siècle en Europe. La construction originale en fer et verre a été entretenue sans nostalgie excessive : on y trouve toujours de vraies boutiques, de vrais cafés et de vraies personnes qui vaquent à leurs occupations. On a pris un café à un bout, flâné du côté des chocolateries à l’autre, et repassé par le milieu juste parce que ça valait la peine de regarder une deuxième fois.
Après-midi — musées. Direction le Mont des Arts, où le Magritte, le musée des Beaux-Arts et le MIM se trouvent à quelques pas les uns des autres — à peine besoin de sortir entre eux (meilleurs musées). On a fait le Magritte et on s’y est attardés bien plus longtemps que par beau temps.
Le Musée Magritte sur la place Royale est à la hauteur. Trois étages de l’œuvre du Surréaliste belge — dessins, peintures, photographies, objets — présentés chronologiquement pour suivre son évolution des premières œuvres commerciales jusqu’aux paradoxes visuels qui l’ont rendu célèbre. La Trahison des images (la pipe avec Ceci n’est pas une pipe), Le fils de l’homme, L’Empire des lumières — les originaux sont dans la collection. Par beau temps on lui consacrerait une heure ; par un après-midi pluvieux avec tout le temps devant soi, on y passe deux heures, et on en repart en comprenant quelque chose qu’on ne comprenait pas avant.
Soirée — le café brun. Et pour finir, l’accord parfait avec la pluie : un café brun douillet, boisé, les vitres embuées, une bonne Trappiste en main, la pluie qui crépite contre les fenêtres (meilleurs bars à bières). Franchement, le bonheur.
L’atmosphère particulière d’un café brun bruxellois sous la pluie mérite d’être considérée comme une destination en soi plutôt qu’une conclusion de soirée. À la Mort Subite — le plus connu, une longue salle de box en bois et de murs à miroirs près des Galeries — pratique exactement cette formule depuis les années 1920, et rien n’a changé parce qu’il n’y a rien à changer. Commandez une kriek ou une gueuze si vous voulez l’expérience typiquement bruxelloise ; commandez un Tripel Karmeliet ou un Chimay si vous préférez quelque chose de plus accessible. Le verre arrive spécialement conçu pour cette bière. Le personnel sait ce qu’il fait. Les heures s’écoulent agréablement. C’est la conclusion idéale d’un après-midi pluvieux à Bruxelles.
Ce que je dirais à mon moi du passé
- Ne pas pleurer sur la journée perdue — réorganiser avec les activités en intérieur et s’y jeter.
- Les musées du Mont des Arts sont à quelques minutes à pied — parfait pour rester au sec.
- Chocolat et bière sont des plaisirs imperméables — un jour de pluie, c’est l’excuse idéale.
- Prendre un parapluie compact — les averses passent et reviennent, on sort quand même entre deux.
- Une excursion annulée ne ruine pas la journée — Bruxelles a suffisamment à proposer en intérieur pour remplir une journée entière sans vraiment sortir.
La thèse : un jour de pluie vaut mieux qu’un beau jour
On peut soutenir — et on le soutient — qu’une journée pluvieuse à Bruxelles n’est pas seulement viable mais préférable à une journée ensoleillée pour certains visiteurs. Les plus beaux musées de Bruxelles sont denses et récompensent le temps qu’on leur consacre. Le musée des Beaux-Arts possède des salles de primitifs flamands et de Rubens qu’on traverserait en courant un jour de soleil quand le canal de Bruges vous attend ; par temps de pluie, on ralentit et on vraiment regarde. Le musée Magritte est pareil : ses tableaux ne se révèlent pas vite, et l’après-midi mouillé qu’on y a passé était le plus long qu’on ait jamais consacré à un seul musée à Bruxelles, et le plus riche.
La culture de la bière est aussi meilleure quand il n’y a pas d’autre endroit où aller. Un café brun en été, ça va ; un café brun sous la pluie de novembre, avec un Westmalle sur la table et quelques heures avant le dîner, c’est l’expérience complète. Le café était conçu pour ça. Les boxes en bois à dossier haut, la lumière chaude ambrée, les vitres qui s’embuent et brouillent la vue dehors — la conception physique de ces lieux est parfaitement calibrée pour exactement ce temps-là. Vous ne vous accommodez pas de mauvaises conditions ; vous êtes dans les conditions pour lesquelles le café a été construit.
Si vous voulez que ce soit déjà planifié, on l’a rédigé sous forme d’itinéraire jour de pluie. Mais en résumé : à Bruxelles, un jour mouillé n’est pas une journée gâchée. Ce sera peut-être votre préféré. Ces mêmes atouts en intérieur font de l’hiver une excellente période pour visiter.
Si la pluie annule une excursion
C’était exactement notre situation — un voyage à Bruges annulé — et cela vaut la peine de le prévoir explicitement plutôt que de s’improviser un plan le matin même. Gardez une liste de secours pour jour de pluie avec deux ou trois options en intérieur à Bruxelles même (les musées, la galerie, un atelier) pour qu’une excursion à Bruges ou une excursion à Gand annulée ne se transforme pas en journée perdue.
Si vous voyagez en famille, la même logique s’applique — consultez notre guide des activités en famille pour des options en intérieur qui fonctionnent aussi pour les enfants, car tous les musées de cette liste ne retiennent pas longtemps l’attention d’un enfant.
D’autres options en intérieur à connaître
Au-delà du pôle que nous avons utilisé, Bruxelles a plus de profondeur en intérieur que la plupart des visiteurs ne le réalisent. Le Centre belge de la bande dessinée et le musée du Train World sont tous deux entièrement en intérieur et rarement bondés un jour de pluie en semaine (musée de la BD, Train World).
Le musée BELvue et les ruines souterraines du Coudenberg en dessous forment une bonne combinaison en intérieur près du Palais royal. Et si vous préférez manger sous la pluie plutôt que faire du tourisme, un vrai circuit gastronomique se déroule largement en intérieur entre les arrêts et transforme un après-midi maussade en un bon moment.