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Les trésors cachés de Bruxelles qu'on aurait voulu découvrir plus tôt

Les trésors cachés de Bruxelles qu'on aurait voulu découvrir plus tôt

Certains de nos meilleurs souvenirs bruxellois ne viennent pas des sites célèbres — ils viennent des coins sur lesquels on est tombés par hasard, souvent trop tard dans le séjour. Voici les trésors cachés qu’on aurait voulu dénicher dès le premier jour.

La brasserie Cantillon

Une brasserie lambic en activité, figée en 1900, près de Bruxelles-Midi, où l’on fait encore fermenter la bière avec les levures sauvages de l’air et vieillir en vieux tonneaux parmi des araignées (protégées). Déguster une gueuze acidulée là où elle est brassée est l’une des expériences les plus authentiques de la ville (guide Cantillon). On a failli passer à côté. Ne faites pas cette erreur.

Cantillon se trouve dans une rue discrète d’Anderlecht, à environ quinze minutes à pied de Bruxelles-Midi, et l’extérieur ne révèle presque rien. À l’intérieur, c’est un bond dans le temps : la cuve de refroidissement en bois au grenier où le moût chaud est exposé toute la nuit aux levures sauvages et aux bactéries de l’air bruxellois ; les rangées de fûts de chêne vieillissant le lambic pendant un, deux et trois ans ; l’équipement d’embouteillage à la main qui serait familier à quelqu’un travaillant ici en 1920. La brasserie est aussi un musée de son propre processus, ce qui signifie qu’on peut s’y promener en grande partie sans guide et comprendre ce qu’on voit. La gueuze — un assemblage de jeune et vieux lambic, avec une fermentation secondaire façon champagne — est l’une des bières les plus complexes et intéressantes produites nulle part. On a failli la passer au profit d’une visite de brasserie conventionnelle. Ce n’est pas ça du tout.

Mer du Nord / Noordzee

Un bar à poisson debout à Sainte-Catherine — commandez des croquettes ou du poisson grillé avec un verre de blanc, et dégustez sur le trottoir au milieu des habitués. Pas de tables, pas de chichis, juste l’essentiel (quartier moules-frites).

Mer du Nord sur la Place Sainte-Catherine est l’un de ces endroits que les locaux considèrent comme évidemment formidable et que les visiteurs dépassent souvent parce qu’il n’y a nulle part où s’asseoir. C’est précisément le point : un comptoir en zinc ouvert sur la place, un menu à l’ardoise, des croquettes aux crevettes et du poisson grillé de la mer du Nord avec un verre de muscadet, mangés debout en plein air avec qui que ce soit d’autre. Par beau temps, il s’y crée une sociabilité spontanée — des inconnus partageant le même petit espace, mangeant tous la même excellente nourriture. C’est informel, saisonnier et véritablement bruxellois d’une manière que les restaurants tournés vers les touristes de la même place ne sont pas.

Maison Saint-Cyr

Une façade Art Nouveau en fer à la fois stupéfiante et absurdement étroite, sur le Square Ambiorix, que la plupart des visiteurs ne voient jamais (joyaux Art Nouveau cachés). L’excentricité bruxelloise à l’état pur, en fer forgé.

Le Square Ambiorix dans le Quartier européen est lui-même une découverte — une place bordée d’arbres, formellement aménagée, entourée d’exceptionnels immeubles de ville du début du XXe siècle, souvent manquée parce que les visiteurs n’associent le quartier de l’UE qu’à des immeubles de bureaux en verre. La Maison Saint-Cyr, au numéro 11, est la plus extrême d’entre elles : seulement quatre mètres de large, sa façade une composition verticale de volutes en fer forgé et de vitraux, surmontée d’une excentrique coupole métallique. Elle est difficile à photographier correctement en raison des arbres, ce qui fait qu’elle a toujours l’air mieux en vrai qu’en photos — ce qui est à peu près l’inverse de la plupart des attractions touristiques.

De Garre (à Bruges, mais ça vaut la mention)

En excursion d’une journée, trouvez ce minuscule bar dans une ruelle servant son propre tripel à 11,5 %, deux verres maximum par personne. Une légende cachée au fond d’un passage que l’on dépasserait sans le remarquer.

Une mention honorable qui appartient techniquement à Bruges, mais le principe — ce qu’il y a de mieux dans une ville se trouve souvent au bout d’une ruelle sans signalisation — s’applique partout, et De Garre l’exemplifie. Depuis la Breidelstraat, un passage s’ouvre sur la gauche sans aucune signalisation visible depuis la rue. Au bout se trouve un petit café servant le tripel maison dans un verre tulipe spécifique, deux par client, accompagné d’un petit morceau du fromage Gruut de Bruges. À Bruxelles, cherchez le même principe : le meilleur bar, la meilleure friterie, le meilleur chocolatier ne sont presque jamais sur la rue principale.

La GardeRobe MannekenPis

Un petit musée bon marché et plein de charme consacré aux 1 000+ costumes que porte la célèbre statue. Absurde, délicieux, et presque personne n’y va (Manneken-Pis).

La GardeRobe MannekenPis dans la Rue du Chêne est le dépôt de la garde-robe de la statue — plus de mille costumes offerts par des organisations, des pays et des particuliers depuis que la tradition a commencé au XVIIe siècle. Le musée présente une sélection tournante, allant de miniatures d’uniformes militaires à des costumes Elvis en passant par les tenues traditionnelles de pays du monde entier. C’est véritablement charmant et ne coûte presque rien, et le Manneken-Pis lui-même prend beaucoup plus de sens en tant qu’objet culturel après avoir compris l’histoire excentrique de sa garde-robe.

Le jardin du Petit Sablon

Un jardin paysager comme un écrin, entouré de statuettes de guildes en bronze — une pause tranquille à deux minutes des chocolateries du Sablon (guide du Sablon).

Le Petit Sablon est facile à manquer — il est enclos par une clôture basse et facile à passer si l’on longe délibérément la Rue de la Régence. À l’intérieur : un jardin victorien formel de parterres impeccables autour d’une fontaine centrale, entouré de quarante-huit statuettes en bronze des guildes médiévales, avec deux grandes statues des Comtes d’Egmont et de Hornes à l’extrémité. C’est l’un des plus beaux et plus tranquilles petits jardins de Bruxelles, et un matin de semaine il est généralement presque vide.

Le jardin caché du Cinquantenaire

Un autre, moins visité qu’il ne le devrait : le Parc du Cinquantenaire dans le Quartier européen possède, derrière l’arc et les musées, un parc formel qui est l’un des meilleurs espaces verts de Bruxelles et presque entièrement ignoré par les visiteurs qui viennent pour les musées. L’arc de triomphe à une extrémité encadre l’axe long du parc ; les Musées Royaux d’Art et d’Histoire d’un côté et le musée Autoworld de l’autre fournissent le contexte. Le soir d’été, il fonctionne comme un parc de quartier pour les résidents du Quartier européen — familles, promeneurs de chiens, gens déjeunant — et possède une agréable normalité que le cœur touristique n’a pas. C’est à dix minutes de métro du centre (station Merode) et entièrement gratuit.

La leçon

Le constat revient sans cesse : ce que Bruxelles a de meilleur se cache à une rue de là, au fond d’une ruelle, ou à quelques stations de métro. La ville ne fait pas la publicité de ses trésors — il faut flâner, lever les yeux et suivre les locaux jusqu’à la porte sans enseigne (meilleurs quartiers).

Si on avait su tout ça en arrivant, on aurait passé moins de temps à faire la queue devant les incontournables et plus de temps dans les coins qui ont vraiment marqué le séjour. Considérez cette liste comme celle qu’on aurait aimé qu’on nous remette à l’aéroport — et partez dénicher vos propres trésors. Une visite guidée des trésors cachés est un bon raccourci, mais la moitié du plaisir, c’est justement de tomber dessus par hasard.