Notre liste gourmande de Bruxelles (et on a tout mangé)
Nous avons consacré un séjour entier à Bruxelles rien qu’à manger, liste en main à cocher. Mission accomplie, ceintures mises à rude épreuve. Voici les douze incontournables, dans l’ordre où vous devriez les attaquer.
1. Les frites d’une vraie friterie
Commencez ici. Un cornet de frites doublement cuites chez Maison Antoine ou Frit Flagey, avec une vraie sauce, mangé debout (les meilleures frites). La référence absolue.
Les frites belges ne sont pas des chips. La double cuisson — blanchies d’abord dans une graisse à basse température, puis finies à haute température — donne une combinaison particulière d’extérieur croustillant et d’intérieur moelleux que les frites réchauffées au four tentent d’imiter sans jamais y parvenir. La sauce compte aussi : pas du ketchup, pas du vinaigre, mais de la vraie sauce andalouse ou samouraï à la pompe au comptoir. Maison Antoine près de la Place Flagey à Ixelles plaide sa cause depuis les années 1940 sans jamais manquer de conviction. Mangez-les chaudes, debout au comptoir ou sur le trottoir, dans les trois minutes suivant leur réception.
2. Une vraie gaufre — les deux sortes
Une légère gaufre de Bruxelles et une moelleuse gaufre de Liège, toutes deux nature, sans montagne de sucre (le grand débat).
La règle est simple : les deux se mangent sans garniture, sauf peut-être du sucre glace pour la version bruxelloise. Tout le reste — Nutella, fruits, chantilly — dissimule ce qu’il y a en dessous, et ce qu’il y a en dessous est la partie intéressante. Une vraie gaufre de Bruxelles de chez Maison Dandoy est une chose légère et levée à la levure. Une vraie gaufre de Liège de n’importe quelle bonne boulangerie est moelleuse, dense et sucrée grâce au sucre perlé qui caramélise à travers la pâte. Elles sont complètement différentes et vous devez manger les deux.
3. Des pralines directement chez l’artisan
Des pralines fraîches chez Marcolini, Neuhaus ou Laurent Gerbaud — pas dans les boutiques à touristes (le meilleur chocolat).
Marcolini sur la Place du Grand Sablon est l’adresse — formel, précis, ganaches exquises — mais Laurent Gerbaud près des Galeries Royales est l’expérience la plus personnelle, avec un chocolatier aux goûts peu conventionnels et aux résultats extraordinaires. Neuhaus a inventé la praline en 1912 et la boutique d’origine dans les Galeries est toujours là. Ce que ces adresses ont en commun : du chocolat frais à consommer en quelques jours, pas des confiseries d’usine conçues pour un rayon de boutique touristique.
4. Des moules-frites à Sainte-Catherine
Le plat national, en saison, dans le quartier des poissonneries (où les manger).
Sainte-Catherine est le vieux quartier du marché aux poissons de Bruxelles, et c’est toujours là que la ville vient chercher ses fruits de mer. Un pot de moules marinière — ou à la crème, ou avec du céleri et du vin blanc — arrive avec un second pot pour les coquilles et un généreux cornet de frites à côté. Le protocole : manger la première moule à la fourchette et utiliser ensuite la coquille comme pince pour les suivantes. Bien manger à Sainte-Catherine est facile ; le quartier fait le travail.
5. Une gueuze à Cantillon
Du lambic sûr là où il est brassé — la chose la plus typiquement bruxelloise qui soit (Cantillon).
La gueuze est un mélange de jeune et de vieux lambic — fermentée spontanément, fonky, acide, l’antithèse de la bière industrielle. Cantillon à Anderlecht est une brasserie en activité qui n’a guère changé depuis 1900 : cuves de fermentation ouvertes en bois, tonneaux alignés en rangées, toiles d’araignées protégées par la loi parce que les araignées tiennent les acariens à l’écart des tonneaux. C’est une expérience totalement authentique dans une ville qui lutte parfois avec l’authenticité, et la bière acide est genuinement complexe et intéressante. Commandez la gueuze.
6. La carbonnade flamande
Du bœuf mijoté longuement à la bière belge — le grand plat réconfortant par excellence (plats belges).
La carbonnade est ce qui se passe quand on braise du bœuf longuement et lentement dans une bière belge brune, avec des oignons et une touche de thym, jusqu’à ce que la viande soit tendre et la sauce brillante et profonde. On la trouve partout, mais les meilleures versions viennent des petits restaurants de quartier plutôt que des brasseries sur les circuits touristiques. Commandez-la avec un verre du même type de bière qui a servi à la cuisiner. Les saveurs se complètent.
7. Les croquettes aux crevettes grises
Croquettes aux crevettes grises — enveloppe croustillante, minuscules crevettes de la mer du Nord. Un vrai délice.
Ce sont des propositions plus raffinées qu’elles ne le paraissent. Le grijze garnaal — la petite crevette grise de la mer du Nord — est douce et délicate, mélangée dans une béchamel ferme et crémeuse, panée et frite dans une fine coquille croustillante. Une vraie croquette s’affaisse légèrement quand on la coupe et la garniture coule. C’est un plaisir spécifique que la cuisine belge pratique remarquablement bien, et on en trouve partout, des brasseries haut de gamme aux cafés de quartier.
8. Une bière trappiste dans un café brun
Un Westmalle Tripel ou un Chimay Blue dans un café lambrissé de bois (bars à bière).
Le café brun — bruin café en flamand — est une institution bruxelloise : bois sombre, comptoirs patinés, murs à miroirs, une sérieuse carte de bières et sans la moindre prétention. À la Mort Subite en centre-ville est l’exemple fameux, et il mérite sa réputation. La bière arrive dans son verre spécifique de marque — les bières trappistes ont chacune leur propre forme de verre, conçue pour les caractéristiques spécifiques de cette bière — et la combinaison de la salle, du verre et de la bière est tout l’intérêt. Ce n’est pas une boisson à avaler vite.
9. Le stoemp
Purée rustique aux légumes avec une saucisse, dans un café des Marolles — humble et délicieux.
Le stoemp est le plat réconfortant sous sa forme la plus directe : purée de pommes de terre avec un légume racine incorporé — panais, céleri-rave, poireau — nappée d’une saucisse braisée ou d’un morceau de viande braisée. C’est le genre de plat qui réchauffe de l’intérieur par une grise journée bruxelloise, et ça ne coûte presque rien. Le quartier des Marolles — le vieux quartier populaire sous le Palais de Justice — a les bons cafés pour ça : simples, sans hâte, genuinement locaux.
10. Du speculoos, d’une façon ou d’une autre
Le biscuit épicé, en biscuit, en pâte à tartiner ou en arôme pour un dessert. Il est partout, et vous allez l’adorer.
Le speculoos — le biscuit fin et croustillant fait d’un mélange d’épices chaudes — accompagne tous les cafés en Belgique, apparaît dans les desserts, est disponible en pâte à tartiner, et à la fin de n’importe quel séjour à Bruxelles vous en aurez mangé environ quinze sans vous en rendre compte. C’est le genre de classique discret qui ne vous manque que quand vous êtes quelque part qui n’en a pas.
11. Un vol-au-vent
La classique bouchée à la reine crémeuse au poulet et aux champignons — généreuse et réconfortante.
Un vol-au-vent à la belge est une généreuse feuilletée fourrée d’une riche blanquette crémeuse de poulet, de champignons et parfois de veau dans une sauce onctueuse. C’est résolument démodé et complètement délicieux, le genre de plat qui serait dénigré dans une ville gastronomique plus tendance mais qui à Bruxelles est simplement ce qui figure au menu et qui est évidemment bon.
12. Une dame blanche
Terminez sur le grand classique : glace vanille, sauce au chocolat chaud.
La dame blanche est le dessert belge canonique : glace à la vanille, sauce au chocolat chaud versée à table, chantilly en option. La combinaison chocolat chaud sur glace froide est l’un de ces plaisirs fondamentaux qui n’a pas besoin d’être amélioré.
Comment s’organiser efficacement
Impossible d’avaler tout ça en une seule journée sans en pâtir. Étalez sur un week-end, et gagnez du temps dès le premier jour avec une visite gastronomique — une food tour coche la moitié de la liste tout en vous révélant où vont les locaux. Après, vous gérez le reste à votre rythme.
La règle d’or tout au long du séjour : achetez chez les artisans, mangez une rue derrière la Grand-Place, et dosez la bière (plats belges). Faites ça, et Bruxelles s’impose comme l’une des grandes villes gourmandes d’Europe — cette liste en est la preuve. Aucun regret.